Géométrie et comportement VTT / fat : 1 - la position



  • Allez suite au très beau post de Christo sur la conception de son nouveau vélo, je vous balance un peu en vrac ma compréhension des paramètres géométriques dans la conception de mes fats. Ce topic n’est que ma vision des choses dont je ne prétends pas qu’elle ait une valeur absolue bien au contraire. C’est plus qu’ouvert à la discussion et vos retours m’importent énormément pour affiner ma position. Pour plus de lisibilité je vais le fractionner en plusieurs topics.

    Déjà, la position. Pour moi la grosse différence entre vélo de route et VTT c’est que l’utilisation du vélo est encore plus variable. Sur la route, le principe de base est de rouler, en général relativement longtemps, sur route et en gros les variables sont la durée et le rythme de roulage. A morphologie donnée on va globalement allonger le compétiteur, le redresser modérément s’il part pour PBP et le redresser plus franchement s’il vieillit et diminue son rythme. Ça reste complètement vrai en VTT mais il faut y adjoindre l’usage souhaité. On peut vouloir un vélo typé XC, marathon auquel on demande de la performance au pédalage, mais on peut aussi vouloir un vélo qui vise une plus grande efficacité en descente à haute vitesse, à basse vitesse. Voire un vélo qui soit à l’aise dans le technique pas forcément descendant, allant jusqu’au trial pur. Déjà avec cela on ne va pas poser le mec de la même manière sur son vélo et il faut vraiment connaitre l’usage définitif.

    Le mec qui veut un vélo de XC pour chasser le chrono mais avec lequel il va être ultra à l’aise dans le très technique, il va déjà falloir lui demander de faire un choix. En gros s’il veut chasser le chrono on va lui conseiller d’aller travailler la technique pour être à peu près à l’aise avec n’importe quel vélo. Mais la position nécessairement allongée ne lui permettra pas d’avoir la mobilité sur le vélo requise pour s’attaquer aux traces de bouquetins en haute montagne.

    Il y a quand même un principe de base qui veut que quand on raccourcit la position, on réhausse également le cintre, et inversement. Mais bon pour l’instant je bricole pas mal. 😳 Je commence à avoir un fichier de données morpho bien fournies et des positions définitives qu’on a choisies. Ça me fait une base mais je ne suis jamais sûr à 100% (d’ailleurs peut on l’être ? J’ai comme un doute). Et effectivement c’est ici qu’on attend tous le cours de Vincent je crois… 😉

    Donc à ce stade beaucoup de discussion, regarder pédaler le client (pour cela je leur demande maintenant de tous venir et on va rouler, pas sur mannequin, dans les chemins) et discuter. Attaquer une montée sévère en puissance et demander le ressenti, rouler cool sur le plat et même chose…

    Et en allant rouler sur le terrain je peux me rendre compte des véritables envies et du niveau technique du pilote et commencer à réfléchir à la partie comportement. Si je le vois se débattre avec le vélo dans la montée je sais déjà que je ne vais pas lui proposer un pur sang. Au contraire si je vois qu’il commence à jouer, et comme je ne suis moi même pas trop manche avec un guidon entre les mains, je vais l’emmener sur plus difficile (j’ai la chance d’avoir des terrains à la fois magnifiques et de tous niveaux dans un rayon de 1km autour de l’atelier et ça c’est en or 😄 ). Si ça se termine en duel à celui qui passera où l’autre n’est pas passé, je sais que je peux lui proposer mes joujous extra (restera alors à déterminer s’il veut l’arme de guerre pour descentes ultimes ou le jouet infernal…) 😈

    Et donc on en vient aux choix géométriques qui seront traités dans les topics suivants



  • Pour la position, j’ai quand même l’impression que le point commun entre la route et le VTT (pas trial ou DH bien sur), c’est la position de la selle par rapport au boitier. Ce qui semblerait assez logique, car il n’y a pas 36 façons de développer la meilleure puissance possible.
    Yann, tu as déjà pensé à ça ?



  • Oui c’est relativement proche et d’ailleurs j’utilise généralement les mêmes valeurs que celles données pour de la route. Mais quand on relève beaucoup la position d’un vélo. Pour moi il est logique également de reculer la selle (moins évidemment). Et là on n’est pas dans le trial ou la DH, simplement dans la balade.

    Le modèle classique se réfère à la gravité mais si tu pédales rond, théoriquement la gravité doit avoir moins d’importance non ? Et si on élargit un peu le cadre, on voit qu’il existe des vélos plus ou moins couchés qui ont aussi une forme (moins efficace c’est vrai) de transmission de puissance.

    Mais bon je suis très empirique là dessus. Il faudrait qu’un vrai pro du domaine nous donne son avis. Y’en a un sur le forum ? On le demande…



  • Il faudrait qu’un vrai pro du domaine nous donne son avis. Y’en a un sur le forum ? On le demande…

    😄 😄
    Allez, Vincent, viens nous donner un coup de main 🙂



  • @Yann:

    Le modèle classique se réfère à la gravité mais si tu pédales rond, théoriquement la gravité doit avoir moins d’importance non ? Et si on élargit un peu le cadre, on voit qu’il existe des vélos plus ou moins couchés qui ont aussi une forme (moins efficace c’est vrai) de transmission de puissance.

    Salut Yann,

    que veux tu dire par “se refère à la gravité” ?



  • Que la position globale sur le vélo est en grande partie dictée par la gravité. Si on faisait un vélo pour monter des pentes à 15% uniquement il n’aurait pas la même géométrie pour compenser la pente. Mais il existe tout un tas de vélos qui ne respectent pas ce recul classique dont les plus flagrants sont les vélos couchés.


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